Les fêtes celtes marquent simplement le cœur de chacune des quatre saisons, au lieu du passage de l’une à l’autre.
Les solstices et les équinoxes sont certes les temps de l’année les plus faciles à repérer : durée du jour maximale ou minimale pour les
solstices, durée du jour égale à celle de la nuit pour les équinoxes. Ce sont les marqueurs du cycle de la luminosité. Rappelons-nous cependant que si le soleil n’était source que de luminosité,
nous ne serions pas là pour observer ce cycle, et que le second don essentiel dont nous lui sommes redevable est la chaleur.
Or, dans la zone tempérée de l’hémisphère nord de la Terre, qui correspond justement à la zone d’expansion des celtes, le cycle de la chaleur est très exactement décalé d’une demi-saison sur celui de la lumière. C’est ce dont nous nous doutons déjà intuitivement, nous savons qu’au solstice d’hiver les plus grands froids sont encore à venir, et une majorité d’entre nous préfère prendre ses vacances d’été la première quinzaine d’août. Mais c’est aussi ce que confirment les enregistrements des températures par les services météorologiques.
Les fêtes celtes marquent le cycle annuel de la chaleur : Samain marque le passage de la moitié de l’année la plus chaude à la
moitié la plus froide, Imbolc est le creux annuel de la chaleur, Beltaine marque le passage de la moitié la plus froide de l’année à la moitié la plus chaude, et Lugnasad est le sommet annuel de
la chaleur.
Un peu de la même façon que le cycle quotidien commence pour les juifs, et pour les chrétiens à leur suite, le soir, au début de la nuit, pour s’achever le lendemain à la fin du jour, le cycle annuel des celtes commence à Samain, au début de la période ‘de nuit’ de la chaleur pour se terminer un an après à la fin de la période de ‘jour’ de la chaleur.
Samain marque la fin d’une période d’activité, d’extériorisation, suscitée par les
conditions climatiques favorables, et inaugure une période de ralentissement, d’intériorisation, imposée par les conditions climatiques défavorables. Samain est une fête bilan, où le ‘guerrier’
méritant peut faire le compte de ses exploits, et des provisions engrangées, et rendre grâces pour tous ces dons. Samain a donné la Toussaint des chrétiens, fête de ces héros que sont les
saints.
Au creux de l’hiver, Imbolc est une fête de dépouillement. La rigueur climatique
est à son extrême, c’est aussi une période où, paradoxalement, les jours peuvent avoir une luminosité d’une qualité exceptionnelle. Toutes les conditions sont réunies pour un examen de conscience
approfondi sous le regard de celui qui nous dépasse tous. Imbolc a donné la Chandeleur des chrétiens, fête de la purification de la vierge suite à l’accouchement de Jésus, et de la présentation
du-dit Jésus au temple, c’est-à-dire de son offrande et rachat symboliques en tant que premier-né.
A cette période que ceux qui dépendent de la nature pour leur nourriture
appellent la ‘soudure’, à l’extrême fin des provisions de l’hiver et alors que commencent à peine les premières récoltes de l’été, se situe Beltaine, fête de la confiance à priori, joyeuse et
résolue, en l’avenir. "Quand on croit que tout est fini, c’est alors que tout peut recommencer" : Beltaine n’a pas donné de fête chrétienne, mais elle correspond très bien aux sens de Pâque et de la Pentecôte, ces temps de renouvellements, qui
l’encadrent.
Au plus fort de l’été, Lugnasad est la fête solaire par excellence, une fête de
suspension du temps, de plénitude, d’extase, de jubilation, de gloire. C’est le moment idéal pour chanter les louanges de celui qui préside en majesté aux destinées de notre monde, dispensant
largement ses donc à tous sans acception de personne. Lugnasad a donné la transfiguration des chrétiens, fête de la vision surnaturelle de Jésus dans sa nature essentielle et divine, et
récapitulant l’histoire par la présence à ses côtés de Moïse et d’Elie.
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